Studio Ghibli : par quel film commencer

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La question revient à chaque fois qu’on recommande le studio à quelqu’un qui n’a jamais vu une seule image de leur catalogue : « par lequel je commence ? ». Il n’y a pas de mauvaise réponse, mais certains films ouvrent la porte plus facilement que d’autres, et un mauvais choix de départ peut parfois refroidir quelqu’un qui aurait adoré le reste de la filmographie.

Le studio japonais a construit son catalogue sur plusieurs décennies, avec des tons très différents d’un film à l’autre : certains s’adressent frontalement aux enfants, d’autres traitent de sujets bien plus graves sous une apparence familiale. Entrer par le bon bout permet justement de découvrir cette diversité sans se braquer sur un ton qui ne correspondrait pas à ce qu’on cherchait.

Commencer par une porte d’entrée douce

Mon voisin Totoro reste le film le plus souvent conseillé en premier, et ce n’est pas un hasard. Réalisé par Hayao Miyazaki, il raconte l’histoire de deux sœurs qui s’installent à la campagne et découvrent des créatures étranges dans la forêt voisine. Le rythme est lent, le ton lumineux, presque sans conflit central : c’est un film qui installe l’univers du studio sans jamais brusquer. Il fonctionne aussi bien pour un premier visionnage en famille que pour un adulte qui n’a jamais touché à l’animation japonaise. Le personnage du Totoro lui-même, mi-animal mi-esprit de la forêt, est d’ailleurs devenu l’un des symboles visuels les plus reconnaissables de tout le studio, bien au-delà du public initial du film.

Puis franchir un cap avec une aventure plus dense

Une fois cette porte franchie, Le Voyage de Chihiro constitue la suite logique. Le film suit une fillette qui se retrouve piégée dans un monde peuplé d’esprits après que ses parents ont été transformés en cochons dans une maison de bains abandonnée. C’est plus long, plus dense en symboles, mais l’histoire reste suffisamment claire pour ne perdre personne. Ce film a d’ailleurs valu au studio une reconnaissance internationale majeure, preuve que cette animation dépasse largement le public habituel du genre. La bande sonore, tout comme la richesse des décors peints à la main, récompense particulièrement un visionnage sur un grand écran plutôt que sur l’écran d’un téléphone, tant certains plans regorgent de détails en arrière-plan.

Découvrir l’autre versant du studio avec Isao Takahata

Le studio ne se résume pas à un seul réalisateur. Isao Takahata, cofondateur aux côtés de Miyazaki, a signé des œuvres au ton très différent, plus ancrées dans un réalisme social ou historique. Ses films demandent parfois un peu plus de préparation émotionnelle que ceux de son associé, mais ils montrent une facette essentielle du studio : celle qui ne cherche pas systématiquement le merveilleux, et qui peut raconter une époque ou une région du Japon avec une précision presque documentaire. Ces films méritent d’être abordés une fois qu’on a pris ses repères avec les œuvres plus accessibles de Miyazaki : ils apportent un contrepoint utile, presque nécessaire, à l’image parfois trop lisse qu’on se fait du studio après un seul visionnage.

Garder Princesse Mononoké pour plus tard

Princesse Mononoké mérite sa place dans le parcours, mais pas forcément en premier. Le film aborde le conflit entre l’industrialisation et la forêt, avec des scènes plus sombres et une violence plus frontale que dans les films cités plus haut. C’est souvent le titre qui convainc les spectateurs adultes que le studio ne fait pas uniquement des films pour enfants, et qui ouvre la voie vers le reste d’une filmographie très riche. Le message écologique du film, porté par des créatures forestières autant que par des personnages humains aux motivations ambiguës, tranche volontairement avec la morale plus simple des films pensés pour un public plus jeune, ce qui en fait un excellent point de bascule vers une lecture plus adulte du catalogue.

Pour regarder ces films dans de bonnes conditions, l’image compte autant que l’histoire : sur un écran de salon relié à une console récente ou sur une tablette, la différence de rendu des couleurs se voit particulièrement sur ce type d’animation peinte à la main. Nos repères sur le matériel adapté sont à retrouver du côté des consoles et de leurs usages multimédias. Et pour ceux qui préfèrent constituer une collection physique plutôt que de dépendre d’un service de streaming, un œil sur les bons plans et périodes de baisse de prix évite de payer plein tarif un coffret qui ressort régulièrement en promotion.

Le catalogue complet du studio, avec ses dates de sortie et son historique, reste consultable sur Wikipédia pour qui veut approfondir avant de choisir la suite du parcours.


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